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Espaces protéges

Filets antibatraciens, balises avifaunes, capture et réintroduction d’animaux : les actions menées sur les espaces protégées présentent souvent un caractère spectaculaire et inédit. Elles témoignent de la capacité des entreprises de TP à apporter chaque fois des solutions adaptées aux contraintes de la biodiversité.



LES BONNES PRATIQUES


Protection de la biodiversité : un exemple emblématique

La réalisation de la ligne Grande Vitesse est-européenne, qui traversait deux parcs naturels régionaux et 7 sites Natura 2000 sur un tracé de 400 km, a impliqué une démarche particulièrement exigeante et novatrice en matière de protection de la biodiversité. Au delà des obligations réglementaires relatives à la maîtrise des impacts d’une grande infrastructure, RFF (Réseau Ferré de France) a mis en place une politique environnementale impliquant les élus locaux, les riverains, les associations et les spécialistes des milieux naturels. Parmi la panoplie des actions engagées, qui portent aussi bien sur l’aménagement de passages pour la faune que sur la préservation de praires salées continentales, on retiendra notamment le déplacement des mares du Hardillon et la reconstitution d’un habitat naturel pour batraciens et poissons, parmi lesquels quatre espèces protégées de tritons. Cette action a donné lieu à la mise en place d’un suivi écologique sur 5 ans, effectué par le Conservatoire du Patrimoine Naturel de Champagne Ardenne.


 

Protéger les hommes sans nuire aux oiseaux

50 000 véhicules empruntent chaque jour la route du Littoral entre Saint Denis et Le Port, sur l’Ile de la Réunion. Surplombée par des falaises de 100 à 200 mètres de haut et soumise de ce fait à un risque récurrent de chute de pierres, cette route était particulièrement dangereuse. Pour protéger les usagers, 500 000 m2 de filets ont donc été posés. Mais ces équipement représentaient aussi un risque de collision pour les oiseaux qui nichent et se reproduisent en grand nombre sur ces falaises, parmi lesquels deux espèces protégées, les "Pailles en Queue" et le "Puffin de Baillon". De plus, ces filets constituent un obstacle pour l’accès aux nids, situés dans les cavités de la paroi rocheuse. L’entreprise en charge de ces travaux a donc intégré plusieurs aménagements pour préserver la biodiversité de ces falaises. Les poteaux ont été peints pour être plus visibles. Des balises avifaunes, qui signalisent les obstacles et avertissent les oiseaux ont été posées. Enfin, des accès aux nids ont été aménagés et des nichoirs ont été posés là ou les cavités naturelles avaient disparu. Cet exemple montre que l’on peut tout à fait concilier protection contre les risques naturels et respect de la nature.


 

Objectif « zéro destruction »

Implantée près Nice, cette entreprise spécialisée dans les travaux d’accès difficiles intervient régulièrement sur des espaces protégés, de type Natura 2000. Ce qui l'a conduit à développer tout un savoir-faire axé sur la protection de la flore. Elle a ainsi mis au point un procédé exclusif pour éviter la destruction des petites plantes au niveau du sol, lors de la réalisation de travaux. Il s’agit de petites cages équipées de grilles métalliques, qui sont posées à même le sol. Ainsi protégées, les plantes ne ne peuvent plus être endommagées ni piétinées. Ce procédé a été utilisé lors de travaux récents pour préserver la "nivéole de Nice", espèce protégée qui pousse sur les massifs littoraux calcaires des Alpes-Maritimes. Une dizaine de cages avaient été posées sur un linéaire de 50 mètres. Aucune plante n’a été détruite. Pour les taillis et petits arbuste, la protection consiste à tailler les plantes dans les règles de l’art, puis à les signaliser par un balisage adapté. La encore, le procédé permet d’atteindre l’objectif « zéro destruction » des végétaux.


 

Concilier extraction de matériaux et Natura 2000

Une ancienne carrière abandonnée a été remise en exploitation pour l'approvisionnement en matériaux de terrassement par voie fluviale, lors du chantier d'extension des installations portuaires du Havre. Le projet se heurtait cependant à une difficulté majeure. Le site était en effet situé dans le périmètre d'un parc naturel régional et devait en outre faire l'objet d'une procédure Natura 2000. Autant d'éléments qui, à priori, ne pouvaient que s'opposer au projet d'exploitation. Pour mener à bien celui-ci, l'entreprise a innové en faisant l'inverse de ce qui se pratique habituellement. Le schéma d'exploitation de la carrière a été défini à partir du projet de restitution et de remise en état du site. Autrement dit, les choix techniques ont été déterminés à partir des contraintes environnementales. L'entreprise a en outre joué la carte de la transparence et de la concertation avec les populations riveraines et les autorités du Parc Naturel. Elle s'est entourée de spécialistes reconnus de la biodiversité locale et a mis en place un comité de suivi, largement ouvert au monde associatif. Conformément à ses engagements, après trois ans d'exploitation, elle a rétrocédé les terrains aménagés en zone naturelle au Parc Régional des Boucles de la Seine Normande. Cet exemple montre qu'il est tout à fait possible de concilier projets d'aménagement et respect de la nature.


 

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