Evacuation des déblais, livraison des matériaux pour les remblais ou pour la construction des ouvrages! Un chantier de Travaux Publics est le plus souvent rythmé par un incessant va et vient de camions gros porteurs qui chargent et déchargent quantités de sables, de terre et autres matériaux. Pour économiser l'énergie autant que pour réduire les coûts, les entreprises de TP veillent à optimiser les transports de matériaux et à développer les pratiques d'éco-conduite. Et quand la configuration des chantiers s'y prête, elles n'hésitent pas à utiliser la voie ferrée ou le transport fluvial.
800 000 tonnes de matériaux par voie fluviale
Le chantier de Port 2000 au Havre, inauguré en mars 2006 après 4 ans de travaux, nécessitait l'apport de 800 000 tonnes de matériaux silico-calcaires pour la construction des corps de digue. Ce qui représentait une rotation de 40 000 camions, gros consommateurs de carburants fossiles et générateurs de fortes nuisances pour les riverains. L'entreprise en charge de ce projet a proposé une solution alternative qui a consisté à ré-ouvrir une ancienne carrière abandonnée, située en bord de Seine sur la commune de Trouville La Haule. Au lieu d'emprunter la route, les matériaux ont donc transité par la Seine, puis par le canal de Tancarville qui aboutit directement sur le port du Havre. Cette solution a demandé un important travail en amont pour la recherche d'un site embranché à une voie fluviale, puis pour l'obtention de l'autorisation préfectorale nécessaire à sa remise en exploitation.
Des déblais évacués par tapis roulant
Sur un chantier de terrassement de 3 ha, le volume des déblais à évacuer était de 110 000 m3. La solution classique consistait à les transporter jusqu’au centre de stockage le plus proche, situé à 6 km du chantier. En face de celui-ci, juste de l’autre coté d’une route départementale à forte circulation (12 000 véhicules jours), se trouvait un terrain avec un grand creux. L’entreprise a proposé de le combler avec les déblais du chantier. Après avoir déposé un dossier de demande d’autorisation au titre de la loi sur l’eau, elle a aménagé un tapis roulant passant au dessus de la route à traverser et permettant d’évacuer les déblais directement depuis le chantier jusqu’au terrain à remblayer. Résultat, une économie de 100 000 litres de gaz-oil, qui a été répercutée sur le coût total du chantier.
Un tunnel pour réduire les transports
Cette entreprise, située dans la Haute Loire exploite une carrière et un point de vente de matériaux naturels situés de part et d’autre d’une colline. Pour approvisionner le point de vente, 1 500 t de matériaux sont transportés en camion depuis le lieu de production et transitent chaque jour sur une route de 2 km de long. L’entreprise a décidé de creuser un tunnel pour relier plus facilement les deux sites. Ce qui a représenté un investissement de 500 000 €. Mais compte tenu de l’économie de gas-oil réalisé, cet investissement a été amorti en 5 ans.
20% de baisse sur la consommation des carburants
Cette petite entreprise de 11 personnes est spécialisée dans les canalisations. Elle intervient principalement sur la pose et l'entretien de réseaux d'assainissement pour les industriels. Elle a récemment entièrement réorganisé le fonctionnement de ses chantiers. En effet, dans le passé, chaque équipe gérait elle même ses réapprovisionnements et se rendait directement chez les fournisseurs ou au dépôt. Maintenant, c'est une seule personne qui assure ce service et qui réapprovisionne les chantiers au fur et à mesure des besoins, en optimisant chaque fois les trajets. Depuis que ce dispositif a été mis en place, l'entreprise a pu constater une baisse de 20% de la consommation de carburant sur son parc de véhicules.
Economie de gas-oil pour le ravitaillement des chantiers
Sur les gros chantiers, le ravitaillement en carburant des engins pose toujours quelques difficultés. Le plus souvent, des fûts de 200 litres sont livrés en camion, puis stockés sur le site. Leur manipulation, ainsi que celle des carburants qu'il faut déverser dans les réservoirs des engins, entraînent bien évidemment des risques de déversement accidentels, ainsi que des surcoûts liés aux déplacements des camions ravitailleurs. Une filiale d'un grand groupe routier de l'est de la France a expérimenté une nouvelle pratique, qui consiste à assurer le ravitaillement en carburant par des camionnettes équipées de réservoirs, qui stationnent en permanence sur les chantiers. Outre une diminution des risques de pollution accidentelle, cette solution entraîne une importante économie de carburant. La généralisation prévue de cette pratique aux 28 agences que compte cette filiale se traduira par une économie de 700 tonnes de gas oil, soit une réduction de 1 800 tonnes des émissions de CO2.
Badge de suivi journalier et éco-conduite
Cette entreprise de terrassement de 40 personnes est située dans le département de la Seine Maritime. Elle a mis en place courant 2007 un système de badges pour le suivi journalier de la consommation de son parc de véhicules, qui comprend 10 poids lourds, 10 véhicules légers et 7 pelles mécaniques. Dans le même temps, tous les chauffeurs et les conducteurs d’engins ont suivi une formation à l’éco-conduite. A volume d’activité constant, ces pratiques ont entraîné une baisse de la consommation de carburant de l’ordre de 7% pour chacune des trois catégories de véhicules concernées.
Réduction de 39% des émissions de CO2
Le remplacement des véhicules anciens par des véhicules neufs consommant moins d’énergie et rejetant moins de CO2 fait partie de la panoplie des moyens mis en œuvre par les entreprises de TP pour contribuer aux économies d’énergie et à la réduction des émissions de gaz à effet serre. Ainsi, cette entreprise de Clermont Ferrand de 160 personnes, certifiée ISO 14001 et spécialisée dans la pose de lignes électriques, dispose d’une flotte de 100 véhicules légers (voitures et fourgons). Récemment, elle a entièrement remplacé son ancien parc qui était conforme aux normes d’émission de 2005, soit 200g de CO2 par kilomètre. Les nouveaux véhicules respectent les normes d’émission de 2008, soit 130 g de CO2 au kilomètre. Ce qui représente une réduction de 39% des émissions de CO2, sur un parc de 100 véhicules qui parcourent chaque année deux millions de kilomètres.