Utiliser les matériaux extraits sur site pour les opérations de remblayage, au lieu d'aller les chercher dans des carrières éloignées : si le principe relève du simple bon sens, son application doit s'envisager au cas par cas. La nature des sols doit se prêter à cette technique. Les déblais doivent être traités pour présenter les mêmes caractéristiques mécaniques que les matériaux naturels. Mais chaque fois que les conditions s'y prêtent, cette alternative mérite d'être utilisée et les retours d'expérience ont largement démontré sa fiabilité. En outre, elle permet d'éviter le trafic triangulaire entre le chantier, le centre d'élimination des déblais et le site de production des matériaux naturels, forcément coûteux en temps et en énergie.

Une PME lauréate des trophées de l'environnement
Les bonnes pratiques environnementales sont une réalité quelle que soit la taille de l’entreprise. La preuve, la lauréate des trophées des TP 2009 pour l’environnement, organisés par la FNTP, est une PME de 75 personnes, basée dans la Drôme. Cette entreprise a été distinguée pour la mise au point et l’utilisation d’un procédé qui consiste à fabriquer et à mettre en œuvre un enrobé à froid constitué de 100% d’agrégats d’enrobés recyclés.
Ce procédé, dénommé ECOREV’ a été utilisé pour la réalisation de la couche de roulement d’une route à faible trafic, dans le cadre d’un chantier expérimental engagé par le conseil général de la Drôme. Sa mise au point a nécessité toute une phase de recherches et de développement, que l’entreprise a menée en partenariat avec plusieurs laboratoires spécialisés.
Utilisant des « déchets » provenant de chantiers routiers ainsi qu’une technique de fabrication à froid, le procédé ECOREV’ entraîne d’importantes économies d’énergie et de matériaux naturels, ainsi qu’une forte diminution des gaz à effet de serre. Il est aussi plus économe sur le plan financier. Pour le chantier expérimental de la Drôme, qui portait sur une portion de route de 750 m, le coût a été ainsi réduit de 10% par rapport à une solution classique utilisant matériaux naturels et enrobés à chaud.

Une plate forme mobile pour le recyclage des déblais
Après avoir créé, depuis plus de 10 ans, une plate forme de recyclage des déchets inertes du BTP qui traite chaque année plus de 80 000 tonnes de matériaux, cette PME de la Drôme, spécialisée dans les travaux de terrassements et de voirie, a franchi un pas supplémentaire dans le sens d’une plus grande maitrise des impacts environnementaux. Elle a mis en place une plate-forme mobile pour le traitement des déblais à la chaux.
Celle-ci peut se déplacer et intervenir directement sur les chantiers de terrassement. Elle permet de réutiliser directement les déblais extraits du site. Ce qui, non seulement contribue à préserver les ressources naturelles provenant des carrières, mais évite aussi tout transport de matériaux. L’ensemble des économies réalisées aboutit à une importante diminution des coûts.
Ainsi, pour la réalisation d’une plate-forme industrielle et commerciale d’une superficie de 10 700 m2, qui auraient nécessité l’apport de 15 000 tonnes de matériaux, les économies réalisées sur l’achat et le transport de matériaux naturels, du fait de l’utilisation de cette plate forme mobile de recyclage, représentent plus de 100 000 €.
Recyclage à froid des enrobés
Les revêtements des routes s’usent sous l’effet des intempéries et de la circulation. Il faut régulièrement les refaire pour assurer le confort et la sécurité des usagers. Pour ce type d’opération d’entretien et de remise à neuf, ce grand groupe spécialisé dans la voirie a développé une technique qui consiste à raboter l’ancien enrobé sur une profondeur de 6 à 12 cm, puis à le traiter à froid en y ajoutant des additifs et à le réutiliser pour la nouvelle couche de base de la chaussé. Ce recyclage sur site de l’ancien enrobé offre de multiples avantages sur le plan environnemental : économie de matériaux naturels, réduction des transports et économie d’énergie. En effet, il n’est pas nécessaire d’évacuer l’ancien enrobé. L’apport de matériaux extérieurs est des plus limité. De plus, le recyclage à froid évite toute la consommation d’énergie inhérente à la fabrication d’enrobés neufs à chaud !
Recyclage du ballast de voies ferrées
Sur une voie de chemin de fer, le ballast est constitué par la couche de pierres concassées, qui répartit la charge des trains sur le sol et dans lequel sont enchâssées les traverses. Soumis à de fortes pressions mécaniques, ce matériau composé de roche concassé de type plutonique (granite, diorite) a une durée de vie de 15 à 20 ans. Chaque année, prés de un million de tonnes de ballast usagé doit ainsi être renouvelé. Une partie du vieux ballast (entre 30 et 40%, qui est récupéré lors des chantiers d’entretien des voies ferrées, est désormais traitée pour pouvoir à nouveau être utilisé. Pour mener à bien cette opération de recyclage, une entreprise spécialisée dans la pose et la maintenance des voies ferrées à réalisé une unité mobile de retraitement du ballast, qui se déplace au gré des chantiers RVB (Renouvellement Voie Ballast). Ce qui permet de réduire les transports de vieux ballast. En outre, cette unité fonctionne avec un système d’eau en circuit fermé pour le nettoyage du ballast recyclé.
55 000 tonnes de matériaux naturels économisés
Sur certains chantiers de réhabilitation de voirie, les couches de fondation et de base doivent également être refaites. Il faut alors excaver les constituants de la chaussée sur une profondeur de 40 à 50 cm et reconstituer les couches avec des matériaux naturels. Pour la réhabilitation de la RD 105 en Gironde, sur une portion de 8 km, l'entreprise en charge des travaux a opté pour le retraitement au liant hydraulique de l'ensemble des matériaux excavés, qui ont été ensuite utilisés pour la réalisation des nouvelles couches de fondation et de base. Si ce procédé n'avait pas été appliqué, il aurait fallu faire venir 55 000 tonnes de matériaux naturels depuis la carrière la plus proche, mais néanmoins distante de 150 km. Outre les ressources naturelles qui ont été préservées, cette solution a donc permis de limiter considérablement les transports. Sur une base de 40 litres de gas-oil au 100 km, le calcul est vite fait. Ce sont 132 tonnes de carburants qui ont été économisés !
Voirie : une économie de 1000 tonnes au kilomètre
L'entretien et la réhabilitation d'une route implique souvent le décaissement de la chaussée existante, puis la réalisation d'une nouvelle structure de chaussée et d'un nouveau revêtement. Bref, on casse tout pour refaire avec du neuf. Mais aujourd'hui, on sait faire du neuf avec de l'ancien. Au lieu d'être envoyé en décharges, l'ancien revêtement de la chaussée est réutilisé. Après traitement, il est intégré à la fabrication des nouveaux enrobés. Ce procédé a été appliqué pour le renforcement de la D 58 de l'Oise, sur une portion de 4,8 kilomètres. Il a permis une économie de 4 800 t de matériaux naturels.. Soit une économie de 1000 tonnes par kilomètre ! De plus, sur ce chantier, l'entreprise a associé recyclage des fraisât d'enrobés et application d'un enrobé basse température. Ce qui a entraîné une économie supplémentaire de plus de 50 000 litres de fuel !
Remblais autocompactants pour réseaux de canalisations
La requalification de la rue principale de la ville d'Unieux (9 000 habitants), dans la Loire, impliquait la réfection des réseaux enterrés. La démarche traditionnelle dans ce type de chantier consiste à terrasser, puis à évacuer les déblais et à apporter des matériaux de carrière pour les remblayer et les compacter. L'entreprise en charge de la réalisation de ce chantier a proposé un procédé innovant qui consistait à traiter sur place au ciment les déblais extraits des tranchées, puis à les réutiliser comme matériaux de remblais autocompactant. Cette solution a évité l'évacuation de 7 400 m3 de déblais vers le centre d'élimination le plus proche, distant de 8 km. Elle a permis d'économiser plus de 12 000 tonnes de matériaux naturels. Elle a aussi permis d'éviter les nuisances sonores, habituellement provoquées par les engins de compactage