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Techniques alternatives et produits de substitution

Utiliser des rayons ultra-violets au lieu d’eau chlorée pour désinfecter des canalisations, remplacer les lubrifiant minéraux par des huiles végétales et les produits de nettoyages à base de solvants ou d’hydrocarbures par des produits moins « agressifs » mais tout aussi efficaces : les produits et les techniques issus de l’éco-conception trouvent de multiples applications dans les TP.



LES BONNES PRATIQUES


Décoffrage végétal

Comme la ménagère enduit de beurre un moule à gâteau pour pouvoir ensuite démouler son gâteau plus facilement, les professionnels des TP utilisent des huiles de décoffrage qui permettent au béton de rester intact lorsqu'on retire le coffrage dans lequel il a été moulé. En 1995, on employait en France prés de 5000 tonnes d'huiles de décoffrage d'origine pétrolière. Or l'huile qui est appliquée sur un coffrage n'est jamais entièrement récupérée après son utilisation. Elle représente de ce fait un risque de pollution, certes très localisé, mais dont l'impact ne saurait être sous estimé. Abandonnée sur le sol, cette huile peut s'infiltrer vers la nappe ou être entraînée par ruissellement vers le cours d'eau le plus proche. Aujourd'hui, ces huiles à base d'hydrocarbures sont de plus en plus souvent remplacées par des huiles d'origine végétale qui peuvent être totalement ou en partie fabriquées à partir de constituants tels que le colza ou le soja et qui présentent un coefficient de biodégradabilité conforme à la norme NF EN ISO 9408.


 

Désinfection des conduites d'eau potable

Avant de livrer une conduite d'eau potable, il faut la nettoyer et la désinfecter. Le procédé classique consiste à la remplir avec de l'eau potable chlorée. 24 heures après, on la vide puis on la rince, à nouveau avec de l'eau potable. Cette technique entraine une importante consommation. Il faut compter en effet 24 000 litres d'eau potable pour désinfecter 100 mètres d'une conduite de 20 cm de diamètre. En outre, les eaux de rinçage sont le plus souvent directement rejetées en milieu naturel. Une nouvelle technique est depuis quelques années développée par des entreprises spécialisées. Elle consiste à remplacer le chlore par une désinfection aux rayons ultra-violets. Elle se traduit par une forte réduction de la consommation d'eau potable. Pour 100 m de canalisation d'un diamètre de 20 cm, cette économie correspond en moyenne à l'équivalent de 2 mois de consommation d'un foyer de 4 personnes.


 

De l'air à la place de l'eau potable

Ce procédé innovant consiste à utiliser de l'air sous pression pour tester l'étanchéité d'une canalisation. On isole le tronçon à vérifier à l'aide d'obturateurs gonflables, puis on y injecte de l'air à 50 mB de pression. Si la canalisation n'est pas parfaitement étanche, l'air s'échappe très rapidement et on observe alors une diminution de la pression. Habituellement, on utilise de l'eau, le plus souvent potable, pour réaliser ces tests d'étanchéité. Le procédé à air comprimé représente donc une économie d'eau qui, bien que modeste, n'en est pas moins réelle. Ce sont ainsi 8 000 m3 d'eau qui ont été épargnés pour un test sur deux tronçons de canalisation représentant au total quelques 300 mètres linéaires, sur le site du Commissariat à l'Energie Atomique de Cadarache. Le domaine d'application de ce procédé reste cependant limité aux réseaux des eaux pluviales, des eaux usées domestiques et des rejets industriels.


 

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